Cette rubrique est ouverte à toutes
les personnes qui voudront bien rédiger un texte, même bref,
sur leur expérience de patient.
Pour que l'expérience des uns puisse aider les autres à
ne pas perdre, parfois, inutilement du temps par peur ou manque d'information,
n'hésitez pas à témoigner de vos parcours de
vie.
Le
nouveau Champion numéro 1 mondial en 2005 et 2006, 1ère
série de Tennis Handisport, Mickaël Jérémiasz
, 20 ans, accorde une interview pour ImagerieduSport.
Un
médecin atteint d'une maladie rare témoigne - Marie-Hélène
Boucand
Témoignage
de C - Chance, confiance et patience après un violent traumatisme
du poignet
Témoignage
de M - Polyarthrite chronique évolutive psoriasique - Prothèses
Témoignage
de M - Ma polyarthrite rhumatoïde.
Témoignage
de M - Polyarthritique.
Témoignage
de D - Luxation congénitale bilatérale de hanche
- Prothèses.
Témoignage
de G - Syndrome de Fissinger Leroy Reiter.
Un
médecin atteint d'une maladie rare témoigne - "Le
corps mal-entendu" -
Extraits
Marie-Hélène Boucand
Oh toi cette autre qui m'habite,
Nous nous sommes vraiment connues pour mes 40 ans. Heureuse, je
fêtais cet anniversaire avec des amis et tu as fait irruption
dans ma vie. Réservée au début puis plus présente,
tu n’as pas cessé de frapper à ma porte. Et
tu t’es révélée.
Insidieuse, perfide, tenace, têtue, traître, obsédante,
violente, cruelle, tu es là et tu m’épuises.
Tu essaies de me détruire - et tu y arrives parfois à
force de persévérance !... Par tes attaques multiples,
répétées, incessantes, lancinantes, tu touches
tout mon corps. J’ai la sensation de ne plus avoir d’espace
de liberté, tu dévastes tout sur ton passage : mes
articulations qui se luxent au moindre effort, mon appareil digestif
nécessitant l’ablation du colon, mes vaisseaux qui
ne savent plus bien retenir le plasma et se craquellent au moindre
choc… tu fais mal. Tu limites de plus en plus mon autonomie,
un peu plus chaque
jour. Tu me fatigues, m’épuises, me morcelles, m’émiettes...
Liée à la vie même, à ma naissance, tu
es là parce que je suis née avec mon bagage génétique.
Une simple erreur de décryptage et te voilà en scène
! Tu t’es infiltrée dans l’histoire de ma famille.
Tu as déjà provoqué la mort chez d’autres
amis malades.
Tu es plus forte que moi et le combat est inégal. Mais nos
mots ne sont pas identiques. Les miens sont ceux de la parole et
veulent te dénoncer.
Toi, tu n’utilises pas ces mots-là, tu ne peux pas.
C’est là ma force.
Maladie qui m’habite, tu me fais mal et tu le sais. Je te
hais. Contre toi ces quelques pages, pour trouver la force et le
courage d’élever ma voix contre toi et de gagner.
(…)
MES MAINS
Elles ont servi, ces mains depuis quarante-cinq années. Elles
ont appris lentement au fil de l’expérience à
examiner, palper, ausculter, percuter, détecter où
était et d’où venaient la douleur et la maladie.
Elles ont piqué, ponctionné, cathétérisé,
sondé, intubé en essayant de ne pas se faire remarquer...
Elles ont appris à être discrètes, devenues
instruments indispensables pour mon exercice. Elles étaient
au courant de tout, au courant du corps de l’autre.
Et puis elles sont devenues chaleureuses et humaines, réchauffées
par tant d’autres mains qu’elles ont serrées,
dans les chambres, les couloirs, mon bureau.
Mains de tendresse, elles ont essayé de réconforter
celui qui était malheureux : main sur l’épaule,
main dans la main ou main tendue vers l’autre pour l’aider
à être debout et continuer à avancer, malgré
sa douleur, son chagrin, sa souffrance.
Et puis, ces mains sont devenues malades. Démantibulées
au moindre mouvement, devenues progressivement incapables d’effectuer
de nombreux gestes de la vie courante. La frappe sur l’ordinateur
est douloureuse, l’écriture presque impossible, la
viande difficile à couper, et la cuillère pleine trop
lourde à porter…
Alors, on les a soutenues. Bien maladroitement et à tâtons.
Equilibre difficile entre l’immobilisation souhaitée
et un minimum de fonctions maintenues. On essaie toutes les attelles
possibles, en plastiques, en bagues, en argent.
Maintenant, elles essaient de se trouver une nouvelle fonction,
un nouveau chemin. Mains douloureuses, elles sont venues faire corps
avec toutes ces autres mains tendues, cris de tempête vers
un monde meilleur.
Elles peuvent encore se fermer quand la colère est trop forte,
ou s’ouvrir dans un même geste, pour donner ou pour
recevoir.
Mes mains et moi ne font qu’un.
(…)
J’ai eu souvent ce sentiment que l’évocation
de ce que je vivais était reçue comme une plainte.
Et c’est une réelle souffrance pour moi : une valeur
ajoutée à la parole, qui, progressivement m’interroge
sur la limite de pouvoir prendre le risque de partager, en vérité,
des événements difficiles et récurrents. Le
souci de ne pas être trop lourde pour les autres est devenu
constant. L’exigence de ne pas « en rajouter »
est fondamentale.
(…)
J’ai envie de nous inviter tous à accepter que l’autre
puisse dire sa souffrance, en apprenant simplement à l’entendre,
à l’écouter, à être présent
à la parole dite, en acceptant de renoncer à notre
désir de vouloir toujours "tout faire".
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Témoignage
de C - Chance, confiance et patience après un violent traumatisme
du poignet
La vie peut basculer en quelques secondes. J'en ai pris conscience
le jour où par un malheureux hasard je me suis retrouvée
sur la route d'une personne irresponsable qui, ayant pris le volant
sous l'empire d'un état alcoolique, circulait à contresens
sur l'autoroute en pleine nuit ! Des phares en face ! Qu'ai-je fait
? Où suis-je ? Je n'ai pas eu le temps de réaliser,
l'accident était déjà terminé…
Un face-à-face sur autoroute. Très vite, j'ai compris
que ce n'était pas mon heure et que j'étais une miraculée
!
Miraculée, bien sûr au regard de la gravité
de l'accident. Après un court séjour à l'hôpital,
je sors avec de multiples commotions et une banale fracture de la
main. Banale, car on la traiterait presque par le mépris
quand on ressort vivant d'une telle mésaventure. Et pourtant...
Et pourtant, cette fracture n'était que la partie émergée
de l'iceberg ! Elle cachait un important traumatisme du poignet,
qui ne m'a pas laissé beaucoup de répit depuis six
ans. Arthroscopies, arthrodèse, greffe de ligament et autres
se sont invitées dans ma vie. Jeune et pratiquant la musique,
il ne m’a pas été facile de troquer la fonction
contre l'indolence. Mais, il arrive un moment où l'on se
forge la conviction qu'il vaut mieux vivre bien avec un poignet
enraidi que mal autrement.
Au fil des années, une grande confiance s'est installée
dans la relation avec le chirurgien spécialiste de la main
qui me prend en charge. C'est une grande chance, cela facilite le
dialogue entre médecin et patient et cela permet d'aborder
les interventions avec un poids en moins.
Dernièrement, j'ai subi une résection de la première
rangée des os du carpe. Lourde de conséquences sur
le fonctionnement du poignet, cette intervention qui améliore
déjà mon quotidien me permettra peut-être de
rejouer du violon. Tel est mon projet actuel... Et puis, à
défaut de violon, il me reste de très bonnes cordes
vocales qui ne demanderaient qu'à s'exprimer. Alors, n'oubliez
jamais que la vie peut basculer en quelques secondes et «
Carpe Diem ».
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Témoignage
de M : Polyarthrite chronique évolutive psoriasique- Prothèses.
Voici 28 ans une maladie qui se nomme en ce qui me concerne une P.C.E.S
: « Polyarthrite chronique évolutive psoriasique » se
déclara.
En 1980, première intervention de la hanche, une cupule, à l’époque
c’était de l’expérimentation. Deuxième
opération (autre hanche à quelques mois d’intervalle).
Selon le chirurgien qui depuis m’a toujours opéré,
cela devait tenir au moins quatre ans, malheureusement cela n’a
tenu que deux ans !!! A 29 ans, vous avez envie de mener une vie normale,
travail, loisirs, sport etc…
C’est à partir de 1982 que l’on m’a posé ma
première prothèse totale de hanche avec réparation
du cotyle ; greffe du bassin + plaque et vis pour que cette bonne vieille
ferraille tienne en 1985, le coté droit : même chose même
punition !! Depuis c’est formidable et cela fait 21 ans.
En 1987 prothèse du poignet gauche , en 1991 arthrodèse
du poignet droit, 1993 et 1995, prothèses totales des épaules,
en 2002, prothèse totale de la cheville droite.
Les prochaines opérations sont : prothèse totale du coude
gauche et droit, en espérant que les hanches tiennent toujours
un succès pour toutes ces opérations.
Sur le plan thérapeutique, cela ne fait aucun doute, les résultats
n’ont pas été formidables. Les sels d’or premier
traitements de fond par piqûre : au bout de quelques jours malheureusement
allergies sous-cutanées et oedèmes généraux.
Ma peau ressemblait à celle d’un crocodile !! Je suis arrivé en
urgence à l’hôpital … ils m’ont pris en
photo ? Ils n’avaient jamais vu cela, trois semaines plus tard
peau neuve, la PENICILLAMINE D-pénicillamine, m’a fait peur,
il fallait à l’époque aller chercher un médicament à un
endroit bien spécifique ! De moi même j’ai du l’arrêter
pour obtenir de la cortisone à 15 mgr et de l’Indocid 75
mg / chrono et de …
A ce jour d’autres traitements sont venus s’ajouter
puisque je galère avec des pathologies comme la recto-colite
hémorragique, des nodules à la thyroïde de l’hypertension
artérielle
J’espère qu’avec tous cela, le courage et le moral
resteront au beau fixe.
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Témoignage
de M : ma polyarthrite rhumatoïde.
Tout allait pour le mieux dans ma vie lorsqu’en février
1985 de fortes douleurs apparaissent au niveau de mes pieds et des mains.
En juillet 1985, le diagnostic est alors posé : Mme L, vous êtes
atteinte d’une "P.C.E." (polyarthrite chronique évolutive).
Je ne détaillerai pas ma détresse, mon désarroi,
ma révolte, pourquoi moi ? et mon incompréhension
en sortant du cabinet de ce rhumatologue peu diplomate.
Différents traitements de fond associés à des anti-douleurs
me seront prescrits. Ils restent bien inefficaces. J’ai de plus
en plus mal et au fil des années, la maladie se généralise à toutes
les articulations, des mâchoires jusqu’aux orteils. Aucune
articulation n’est épargnée.
Mes mains deviennent de plus en plus douloureuses et mes doigts prennent
une mauvaise position (déviation en « coup de vent »).
En 1994, ma première intervention est décidée (sur
le poignet avec la résection de la tête cubitale d’un
centimètre par une vis de 4 cm au poignet et réaxation
des tendons).
Cette première intervention, très éprouvante pour
moi car la première, fut suivie de nombreuses séances de
rééducation.
Je crois bien que c’est à ce moment là que
j’ai réalisé la gravité de ma maladie.
Il faut dire qu’en 1985, c’est à dire il y a
plus de 18 ans, l’information sur cette pathologie était
très discrète, et je ne connaissais pas hélas,
l’existence des associations.
Cette intervention fut couronnée de succès : moins de
douleurs, fonction retrouvée, doigts dans le bon axe.
Mais la maladie était toujours là, et continuait discrètement
son petit chemin silencieux et destructeur.
Encore en 1994, 1995, 1996 d’autres interventions suivront sur
chacune de mes mains. J’avais à peine terminé une
rééducation que je me retrouvais une fois de plus au bloc.
Ces interventions sur les extérieurs, tendons etc… se déroulaient
en plusieurs étapes.
1997 fut l’année de ma fracture du col du fémur
due à la fragilité osseuse non détectée
à cette date. Une broche, toujours en place aujourd’hui
fut posée. Cette nouvelle intervention différente
des autres m’avait poussée dans mes retranchements
: une fois de plus, la maladie était plus forte. Mais le
succès était au bout de la rééducation
puisque deux mois plus tard, je marchais tout à fait normalement
sans séquelle. En 1998, un traitement plus approprié
associé à la cortisone me sera prescrit et me soulagera
vraiment.
1999 2001 2002 , cette période fut celle du relâchement à nouveau
des tendons de mauvaise qualité. La pose de prothèses sur
la base des doigts de la main gauche m’est suggérée
et même vivement conseillée car mes doigts sont de plus
en plus déviés avec une préhension perturbée
et douloureuse. C’est encore une réussite : mes doigts sont
de nouveau dans le bon axe. Je retrouve une fonction correcte.
Et fin avril 2003, le même problème intervient sur la main
droite. Quatre petites prothèses à la base de mes doigts
me sont posées. C’est formidable. Ces prothèses,
je ne les sens absolument pas . Mes doigts ont repris une bonne position.
Je peux saisir convenablement un verre, un fruit, etc… et ma main
a retrouvé un aspect a peu près normal
Bien sûr la maladie est toujours là mais quel bonheur de
pouvoir retrouver une fonction perdue. C’est un petit miracle
de la chirurgie qui tient une place très importante dans
la polyarthrite rhumatoïde car elle permet de reconstituer
une articulationdéfaillante ou détruite, d’intervenir
sur des processus inflammatoires là où les traitements
ont échoué et de réparer certains dégâts
articulaires sur les polyarthrites anciennes.
La chirurgie a donc bien changé ma vie car les
mains sont de véritables outils qu’il faut préserver à tout
prix.
Témoignage
de M – Polyarthritique.
La particularité de la polyarthrite rhumatoïde est une
inflammation de l’articulation, elle se manifeste au niveau de
la membrane synoviale, de l’enveloppe du tendon, du liquide synoviale,
du cartilage articulaire de l’os.
J’ai eu la polyarthrite en 1983, et il a fallu 3 ans avant
que je trouve un rhumatologue qui me prenne vraiment en charge,
et trouve le médicament qui me soulage de cette douleur insupportable
que tous les polyarthritiques connaissent bien. Je venais de prendre
ma préretraite, cela commençait plutôt mal.
Au fil du temps et de l’agressivité de la maladie j’ai
eu différents traitements. Les articulations très
gonflées, déformées, douloureuses, j’ai
dû subir plusieurs synoviorthèses, pieds, poignets,
mains.
A partir de 1994 les traitements médicamenteux ne suffisant plus,
j’ai eu plusieurs interventions au niveau des mains, ostéotomies,
synovectomies et prothèses de Swanson des quatre doigts de la
main gauche et arthrodèse du pouce, cela m’a apporté un
très grand réconfort et je n’ai jamais eu la sensation
que ce n’était plus mes articulations. Avec une anesthésie
loco-régionale, et compte tenu que la douleur post-opératoire
est aujourd’hui efficacement prise en charge. Il vaut mieux anticiper
et agir, plutôt que de faire face à des complications définitives
comme la déformation et la destruction de l’articulation.
Il faudra que je subisse la même intervention à la
main droite. Mon pied gauche est lui aussi très atteint,
mais étant seule, jerepousse la date, d’autant que
je suis sous anti-TNF alpha et que mon confort de vie s’est
nettement amélioré. Il est certain que les destructions
articulaires qui sont en place il n’y a que la chirurgie qui
peut-être réparatrice.
J’ai la chance (si on peut dire) que ce soit surtout les mains
et les pieds qui soient atteints.
J’ai toujours grand plaisir à retrouver mon chirurgien
mais j’essaie de ne pas en abuser.
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Témoignage
de D - Luxation congénitale bilatérale de hanche - Prothèses.
Née avec une luxation congénitale des deux hanches dépistée
trop tard, j’ai subi plusieurs interventions très tôt
dans l’enfance.A vingt ans, les douleurs d’arthrose devenaient
quotidiennes et quelques années plus tard, complètement
handicapantes.Très angoissée à l’idée
de nouvelles interventions et d’un retour dans le milieu hospitalier
pour des « prothèses », j’allais au bloc à reculons.
Mon étonnement fut immense au réveil de l’intervention
pour ma première prothèse. J’étais revenue
vivante de ce bloc si redouté.
A la place des douleurs d’arthrose diffuses, omniprésentes,
handicapantes qui vidaient quotidiennement mes forces, je récupérais
un engin à l’intérieur de ma hanche, métallique,
silencieux, indolore qui prenait une nouvelle place morphologique que
je découvrais.
Opérée par trochantérotomie, il me fallût
attendre plusieurs jours avant de mesurer toutes les possibilités
de cette « chose ». Trop craintive et redoutant le retour
de la douleur, je n’utilisais même pas la possibilité de
poser le pied entre deux béquilles. Le jour de « la consultation
d’appui », ma jambe ne me portait même plus : durant
quelques jours, je compris ce que signifiait « la marche est un
apprentissage ». Elle n’avait rien d’automatique. Reposer
le pied par terre redonnait en musculation, sensibilité et fonctionnalité ce
que l’immobilisme lui avait fait perdre.
A la découverte de mes immenses nouvelles possibilités
- tenir debout sans douleur et sans médicament -, cette étrange
prothèse remplissait entièrement la fonction du corps vivant.
De quoi étais-je donc faite, moi, dont certaines parties pouvaient être
remplacées en pièces détachées…
Soulagée, mais bancale, je devais retourner au bloc pour ma seconde
hanche quelques mois plus tard. Cette perspective ne m’inspirait
guère. L’intervention à gauche avait supprimé la
douleur et, ma hanche droite ne m’avait jamais fait véritablement
souffrir. Elle constituait une béquille de sauvegarde depuis longtemps,
en luxation dite « haute » mais sans les douleurs handicapantes
d’arthrose comme de l’autre coté. L’intervention
du coté droit fut une véritable intrusion à mon
semblant d’équilibre physique. Il fallait pourtant bien
rétablir l’équilibre entre les deux – mobile
dont je me serais bien passée - puisqu’il me manquait plusieurs
centimètres du coté droit. La douleur due à l’étirement
des muscles, fut inattendue et mal venue par rapport à l’immense
confort de ma précédente intervention. A cette époque
la « réglette » n’était pas encore de
mise dans le service, et même les piqûres d’antalgiques
n’y faisaient rien, leurs effets ne couvraient pas six heures.
Après la découverte des engins métalliques en place
et fonction du vivant, j’apprenais que les muscles pouvaient être élastiques,
qu’ils allaient résister et être conformes au dessein
qu’on leur avait donné.
Quelques mois plus tard tout était oublié, je retrouvais
un corps d’une légèreté et fonctionnalité immense,
en restant debout toute la journée, avec des gestes à découvrir
chaque jour dans une vie physique nouvelle pleine d’étonnements.
Je gardais toutefois en mémoire d’avoir côtoyé des
professionnels d’une compétence extraordinaire, qui n’accordaient
que trop peu de temps à l’accompagnement du résultat
de l’intervention, comme si l’oubli automatique de la douleur était
de mise et qu’avant comme après, tout était amené à disparaître,
eux, moi et la douleur avec.
Après la naissance de ma fille, je dus composer avec « l’usure
du polyéthylène », une nouvelle dimension à prendre
en compte alors que mes interventions n’étaient pas encore
vieilles de dix ans. Difficile à comprendre la nature de ce phénomène
mécanique. J’avais bien remarqué une sensation « d’étirement » dans
la cuisse, mais mon information et mon environnement de proximité ne
m’avaient pas permis d’identifier la nature de ce symptôme.
Les interventions de reprises se sont depuis succédées,
toujours par trochantérotomies, à l’issue desquelles
j’ai, chaque fois, retrouvé la sensation de fonctionnalités
rétablies et souvent quelques centimètres – peut-être
des millimètres - gagnés sur de nouvelles amplitudes de
mouvements.
Une seule fois, une pseudarthrose du trochanter, rattrapée depuis,
mit un peu d’ombre au décor. Mais elle me permit de comprendre
et de mesurer, surtout quand on est opéré jeune, l’avantage
de cette voie d’abord transosseuse qui conserve de bons muscles
pour les ré-interventions, même s’il faut attendre
plusieurs jours le bénéfice de l’intervention.
Et puis, depuis 20 ans, je marche…
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Témoignage
de G - Syndrome de Fissinger Leroy Reiter.
Je suis atteint d’un Syndrome de Fissinger Leroy Reiter en 1986 – 43
ans (une forme de rhumatisme aigu) qui a débuté par une
inflammation de la gaine des tendons du 4ème doigt de la main
droite avec conjonctivite, urétrite et mal au ventre.
Le diagnostic, difficile à émettre, a été trouvé 2
ans après le début de la maladie. Ma main droite a énormément
souffert car j’avais continué à faire du sport à très
haut niveau me servant de mes mains.
Au bout de 6 ans (en 1992), le 3ème et 4ème doigt de la
main droite étaient complètement déformés
m’invalidant pour travailler et me faisant très mal, les
doigts remontaient vers le haut, les articulations étaient soudées
ainsi que les gaines des tendons.
Des blocs, des infiltrations, etc .... Rien n’y faisait quoi que
ce soit.
J’ai décidé de me faire opérer et il m’a été placé 2
prothèses de Swenson à ces deux doigts. A l’époque
le corps médical n’était pas particulièrement
pour cette opération mais m’a donné quand même
un avis favorable.
Depuis mes doigts sont raides mais je peux me servir de cette main droite
pour travailler (je suis informaticien) et surtout je n’ai plus
mal.
Maintenant (2003) 49 ans, ce sont mes articulations des hanches qui sont
déformées et un jour prochain je vais être obligé d’être
opéré à nouveau, mais depuis le début de
ma maladie d’énormes progrès ont été effectués.
J’aurai toute confiance en nos chirurgiens spécialisés
!
Je tiens à préciser que je suis sous anti-TNF-alpha depuis
plus d’un an et que les résultats sont miraculeux !
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